La protection de la tête pour les marins professionnels

Entre 2012 et 2016, en France métropolitaine et outre-mer, les accidents du travail maritime (ATM) à la tête ont provoqué quatre décès de marins professionnels dont trois marins-pêcheurs.
Limiter le risque d’accident, c’est tout d’abord chercher à réduire l’exposition au danger. Si ce n’est pas possible, des mesures de protection collective doivent être mises en place. Si malgré tout le risque persiste, la mise à disposition et le port d’un équipement de protection individuelle (casque ou casquette de protection) s’impose. En plus de détailler le cadre réglementaire et normatif, ce dossier apporte toute l’information nécessaire à la mise en œuvre d’une démarche de prévention des accidents à la tête adaptée aux différentes situations de travail à risque rencontrées à bord des navires. Il est destiné aux employeurs, aux armateurs et aux responsables de la sécurité et des conditions de travail des secteurs des pêches maritimes, des cultures marines et du commerce.
La protection de la tête pour les marins professionnels

L’ACCIDENTOLOGIE DU TRAVAIL À LA TÊTE DANS LE SECTEUR MARITIME SUR LA PÉRIODE 2012-2016

(Source : QCATM – Questionnaire sur les Circonstances des Accidents du Travail Maritime)
Chaque année, les accidents du travail maritime à la tête représentent environ 5% du total des accidents déclarés par les marins professionnels, tous secteurs maritimes confondus (pêche, commerce et cultures marines). L’infographie ci-dessous en présente les principales caractéristiques.

Pêches maritimes

3

C’EST LE NOMBRE DE MARINS-PÊCHEURS DÉCÉDÉS SUITE À UN ACCIDENT À LA TÊTE

57%

C’EST LA PROPORTION D’ARRÊTS DE TRAVAIL SUITE À UN ACCIDENT À LA TÊTE

POSITION DU NAVIRE AU MOMENT DE L’ACCIDENT
Navire en pêche0%
Navire à quai0%
OCCUPATION DES MARINS AU MOMENT DE L’ACCIDENT
Manipulations de l'engin
de pêche
0%
Travail et manutention
des captures
0%
Maintenance du pont
et de la machine
0%
GENRE D’ACCIDENT
Frappé, entraîné,
coincé par...
0%
Chutes0%
Heurt avec un obstacle fixe0%
42% de plaies

C’EST LA CONSÉQUENCE LA PLUS FRÉQUENTE DES ACCIDENTS À LA TÊTE

Commerce

50%

C’EST LA PROPORTION D’ARRÊTS DE TRAVAIL SUITE À UN ACCIDENT À LA TÊTE

POSITION DU NAVIRE AU MOMENT DE L’ACCIDENT
Navire à quai0%
Navire en route0%
Navire en manœuvres0%
OCCUPATION DES MARINS AU MOMENT DE L’ACCIDENT
Maintenance du pont et de la machine0%
Rondes et déplacements0%
GENRE D’ACCIDENT
Heurt avec un obstacle fixe0%
Frappé, entraîné, coincé par...0%
Chutes0%
38% de plaies

C’EST LA CONSÉQUENCE LA PLUS FRÉQUENTE DES ACCIDENTS À LA TÊTE

Cultures marines

1

C’EST LE NOMBRE DE CONCHYLICULTEURS DÉCÉDÉS SUITE À UN ACCIDENT À LA TÊTE

48%
C’EST LA PROPORTION D’ARRÊTS DE TRAVAIL SUITE À UN ACCIDENT À LA TÊTE
LIEU DE L’ACCIDENT
À bord d'un navire0%
Dans des installations terrestres0%
Sur le quai ou l'estran0%
GENRE D’ACCIDENT
Frappé, entraîné, coincé par...0%
Heurt avec un obstacle fixe0%
Chutes0%
43% de plaies

C’EST LA CONSÉQUENCE LA PLUS FRÉQUENTE DES ACCIDENTS DE LA TÊTE

IDENTIFICATION ET ÉVALUATION DES RISQUES PROFESSIONNELS

Prévenir les accidents à la tête nécessite avant tout, d’identifier tous les risques auxquels les marins sont exposés à bord du navire : chutes d’objets, chocs, heurts, etc. L’inventaire doit être exhaustif et concerner toutes les situations de travail. Le niveau de risque doit ensuite être évalué pour chaque situation de travail et les résultats de cette évaluation doivent être consignés dans le Document Unique du navire. Grâce à cette évaluation, un plan d’actions de prévention visant à réduire les risques d’accidents à la tête pourra être mis en place.

Inventaires des risques

Première étape de la démarche de prévention, il faut identifier les risques dans les situations de travail à risque à bord du navire. Voici les principales que nous avons identifiés :

La chute d’objet de hauteur
Chute d'objet de hauteur
Être frappé, entraîné, coincé par…
Être frappé, fauché, écrasé par une masse en mouvement
Heurt avec un obstacle fixe
Heurt avec un obstacle fixe

Évaluation et consignation dans le Document Unique

Une fois les risques identifiés dans les situations de travail, il faut les évaluer et consigner le résultat de cette évaluation dans le Document Unique du navire. Cela permet de hiérarchiser les risques et de déterminer lesquels seront prioritaires dans le plan de prévention. Ce dernier regroupe toutes les mesures techniques, organisationnelles ainsi que les mesures de formation et d’information prévues par l’armement pour réduire l’exposition des marins aux risques.

PROTECTION COLLECTIVE

Tous les risques ont été préalablement identifiés et évalués ? Place à l’action de prévention. Pour commencer, il faut déterminer s’il est possible de supprimer totalement les risques (ex : suppression des déplacements des marins dans une zone dangereuse de chutes d’objets de hauteur). Dans le cas contraire, des mesures de protection collective, d’ordre technique et organisationnelle, devront être mises en place. Voici quelques pistes de solutions…

Les opérations de levage

Les appareils et accessoires de levage présents à bord doivent être conformes à la division 214 de la réglementation sur la sécurité des navires dont les dispositions techniques s’appliquent à certaines catégories de navires. Sans tenir compte de cette distinction, nous préconisons la mise en place de trois mesures de prévention essentielles :

  1. l’apposition de marquages sur les appareils et accessoires de levage tel que : numéro d’identification, CMU1 et marquage CE,
  2. une vérification périodique du matériel dont le résultat est consigné dans le registre des appareils de levage et des engins de manutention du navire (ou équivalent),
  3. la formation des treuillistes et conducteurs d’engins de manutention pour assurer le levage de la charge en sécurité (mode d’élingage et coordination de la manœuvre). Un code gestuel connu et utilisé par tous les marins du navire doit être formalisé.

Les manœuvres des engins de pêche

Il est nécessaire de limiter le balancement des engins de pêche (chalut, casier, drague notamment) lorsque les marins travaillent à proximité. Cela passe par des solutions techniques (ex : “banane” sur les chalutiers, câble de retenue pour limiter l’embarquement des dragues sur les coquilliers) et organisationnelles (choisir le moment opportun pour lever la charge). Par ailleurs, le treuilliste doit avoir une vue dégagée sur la manœuvre et la communication entre chaque marin doit être claire. L’installation de caméras et d’interphones peut y aider.

Les déplacements à bord

Le principal risque d’accident à la tête lors des déplacements à bord est de se cogner contre les structures du navire. S’il n’est pas possible de supprimer les zones dangereuses, il convient de les protéger avec des renforts en mousse par exemple.

Dans les zones où des chutes d’objets de hauteur sont possibles (ponts extérieurs de porte-conteneurs, salle des machines de grands navires de commerce, etc.), il faut s’assurer du bon arrimage des charges et le cas échéant prévoir des plinthes et des filets de rétention pour protéger les marins en contrebas.

PROTECTION INDIVIDUELLE

Si les mesures de protection collective ne permettent pas de supprimer totalement les risques d’accidents à la tête, un casque ou une casquette de protection doit être mis à disposition des marins. Il n’existe pas d’équipement unique, capable d’offrir une protection optimale pour tous les risques présents à bord d’un navire. Par ailleurs, la réglementation en vigueur n’impose aucun EPI (équipement de protection individuelle) précis mais demande qu’il soit adapté au risque encouru. Avant d’acheter un équipement il est donc nécessaire de bien connaître les différentes catégories d’EPI de la tête et de comprendre leurs spécificités techniques. L’étude des normes qui définissent les performances de protection de ces équipements met en évidence trois catégories : les casques de protection contre les chutes d’objets de hauteur, les casques de protection en cas de chute ou de choc avec une masse en mouvement et les casquettes anti-heurt.

DES CASQUES DE SPORT POUR UNE ACTIVITÉ PROFESSIONNELLE ?

Il peut paraître surprenant de recommander des casques de protection pour les sports d’eaux vives, le ski alpin et même le skate-board… Mais bien que conçus pour le sport, ce sont bel et bien des EPI au sens de la réglementation ! L’utilisation de ces casques est donc parfaitement légale dans un cadre professionnel car il n’existe pas de distinction entre les EPI destinés au travail de ceux prévus pour le sport. Par ailleurs, la réglementation exige que les employeurs fournissent des EPI adaptés aux risques identifiés dans le travail. Dans ce cadre, les casques de protection pour le sport peuvent offrir des protections efficaces face à certains risques professionnels.

Les casques de protection contre les chutes d’objets de hauteur

Ces casques sont destinés à protéger le porteur contre les chutes d’objets et les blessures consécutives, grâce à l’absorption d’une partie de l’énergie d’impact accusée par la tête. La combinaison d’une calotte rigide et d’un harnais de maintien permet d’absorber les chocs pour limiter leur transmission au reste du corps, en particulier à la nuque.

Il s’agit d’une part, des casques de protection pour l’industrie (NF EN 397) prévus pour protéger principalement le dessus du crâne. La plupart des modèles sont équipés d’un réglage de tour de tête. Certains équipements sont optionnels : jugulaire, lunettes (ou écran) de protection, coques anti-bruit… D’autre part, on trouve les casques d’alpinisme (NF EN 12492) prévus pour offrir une protection plus enveloppante du crâne (front, arrière et côtés). Leur maintien sur la tête est supérieur grâce aux réglages de tour de tête et à la jugulaire installée de série.

Les casques de protection en cas de chute ou de choc

Ces casques sont destinés à réduire les risques de blessure au crâne grâce à l’absorption d’une partie de l’énergie d’impact consécutif à la chute du porteur. Ce sont les casques normalisés pour le ski alpin (NF EN 1077), les sports en eaux vives (NF EN 1385), les sports aériens (NF EN 966), le cyclisme, skate et roller (NF EN 1078).

Ils offrent une bonne couverture du crâne et un bon maintien grâce à la jugulaire et, le cas échéant, au réglage de tour de tête. Bien qu’ils protègent pour le même type de risque, leur capacité d’absorption peut varier d’un modèle à l’autre. Certains casques offrent une protection supplémentaire contre le risque de pénétration d’objets. Seuls les casques pour les sports d’eaux vives sont flottants.

La casquette anti-heurt

Les casques de protection contre les chutes d’objets de hauteur et les casques de protection en cas de chute assurent naturellement une bonne protection contre les petits chocs à la tête. Cependant, si l’évaluation des risques montrent que seul le risque de heurt avec des obstacles fixes existe à bord du navire, le port de la casquette de protection (NF EN 812) peut être suffisant. Appelée aussi casquette anti-lacération, elle est destinée à protéger le porteur lorsque sa tête vient heurter des objets durs et immobiles (arêtes vives par ex.), avec suffisamment de force pour provoquer des blessures superficielles. Elle n’est pas conçue pour protéger des projections ou chutes d’objets ou des charges en suspension ou en mouvement. Elle peut être munie d’une jugulaire qui réduit le risque de perdre la casquette suite à un coup de vent.

TABLEAU DE SYNTHÈSE

Le tableau ci-dessous identifie les niveaux de performance des casques et casquettes de protection selon le risque pour lequel on souhaite se protéger à bord d’un navire. Ils prennent en compte d’une part, les exigences fixées par les normes de référence de chaque équipement et d’autre part, de façon plus subjective, de réalités constatées à bord des navires. Ces évaluations ont un caractère informatif et ne peuvent en aucun cas se substituer aux informations fournies par les fabricants des casques et casquettes de protection auxquelles il faut systématiquement se référer.

QUELLE PROTECTION ?
POUR QUELS RISQUES ?

Casque de protection de l'industrie
NF EN 397

Casque d'alpinisme
NF EN 12492

Casque pour les sports aériens
NF EN 966

Casque pour le ski alpin
NF EN 1077

Casque pour le cyclisme, roller et skate
NF EN 1078

Casque pour les sports d'eaux vives
NF EN 1385

Casquette anti-heurt
NF EN 812
Chute d'objets de hauteur
Chute ou choc par une masse en mouvement
Heurt avec un obstacle fixe
Remarques option : jugulaire, lunettes de protection, écran facial, coquilles anti-bruit... jugulaire de série - protection souple des oreilles de série
- jugulaire de série
- protection souple des oreilles de série
- jugulaire de série
jugulaire de série - protection rigide des oreilles de série/
- flottant
- jugulaire de série
- disponible avec plusieurs tailles de visière
- option : jugulaire
La protection de la tête pour les marins professionnels

Brochure et dépliant
LA PROTECTION DE LA TÊTE POUR LES MARINS PROFESSIONNELS
– 1,8Mo – 16 pages – août 2018

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  • Démarche de prévention et informations relatives à la prévention du risque chimique.


  • PREFLORE 4/4 – Un homme à la mer n’est en sécurité qu’au moment où il est remonté à bord du navire. Des matériels de récupération adaptés au navire et efficaces doivent être mis en œuvre par un équipage formé et entraîné périodiquement à son utilisation.


  • PRELFORE 3/4 – La localisation d’un homme à la mer, même équipé d’un VFI, peut être difficile à partir du navire ou pour les secours. L’homme à la mer doit être équipé d’une balise individuelle et de dispositifs de signalisation pour faciliter son repérage et son ralliement.


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