Les gants de protection

Partie la plus fonctionnelle du corps humain, la main permet à l’homme d’interagir avec son environnement, de le façonner et de le modifier. Revers de cette habileté, elle est aussi la plus exposée aux agressions de cet environnement. Les statistiques d’accident du travail le démontrent : dans le secteur maritime, entre 15 et 26 % des accidents sont localisés au niveau des mains. La démarche de prévention de ces accidents débute par l’évaluation des risques auxquels les marins sont exposés (nature des risques, gravité potentielle et probabilité de survenue de l’accident) et de sa consignation dans le Document Unique du bord. Un plan d’action est ensuite mis en oeuvre en mettant la priorité sur les mesures de prévention collectives, exemples : mécaniser une tâche manuelle, mettre en place des carters de protection autour d’éléments dangereux, etc. Si celles-ci ne réduisent pas suffisamment le niveau de risque, la mise à disposition d’Equipements de Protection Individuelle (EPI) des mains pour les marins est obligatoire. Aujourd’hui, les fabricants et les distributeurs de gants de protection proposent une gamme d’articles très vaste. Dans ces conditions, comment être sûr de choisir un gant adapté à son travail et au risque contre lequel on veut se protéger ?

Les accidents du travail aux mains

En France, sur la période 2012-2016 (chiffres QCATM), l’étude des Accidents du Travail Maritime (ATM) déclarés montre des disparités selon le secteur d’activité. Alors qu’au commerce, les ATM aux mains représentent 15 % du total des accidents, cette proportion atteint 22 % pour les cultures marines et 26 % pour les pêches maritimes.
accidents du travail aux mains chez les marins

Secteur du commerce

Sur la période étudiée, le taux d’arrêt de travail lié aux accidents aux mains est de 67 %. Les accidents surviennent majoritairement lorsque le navire est à quai (48 %) et lors des tâches de maintenance du pont et de la machine (22 %) mais aussi au cours des travaux en cuisine (13 %) et des services d’hôtellerie (10 %). Les accidents sont principalement causés par des chocs et coincements (33 %) et des coupures/piqûres (30 %). Cela génère essentiellement des plaies (36 %) et dans une moindre mesure, des fractures (19 %), des atteintes musculaires (17 %) ou tendineuses (12 %).

Secteur des cultures marines

Le taux d’arrêt de travail lié aux accidents aux mains est le plus élevé du secteur maritime avec 78 %. Les ATM surviennent autant dans les installations terrestres (38 %) qu’à bord du navire (34 %). Le genre d’accident le plus fréquent est la coupure/piqûre (40 %) suivi des chocs et coincements (29 %). Consécutivement, ces accidents provoquent surtout des plaies (56 %) mais aussi des fractures (14 %).

Secteur des pêches maritimes

Dans ce secteur, les accidents aux mains entraînent dans 76 % des cas un arrêt de travail. Ils ont lieu principalement lorsque le navire est en opération de pêche (62 %). Les tâches qui provoquent le plus d’accidents sont la manipulation des engins de pêche (41 %) ainsi que le traitement des captures (26 %). Ils sont majoritairement dus à des coupures/piqûres (44 %) mais aussi des chocs et coincements (32 %) qui génèrent d’une part des plaies (47 %) et d’autre part des fractures (22 %).

Réglementation concernant les équipements de protection individuelle

Évaluation des risques professionnels

Conformément aux principes généraux de prévention (art. L. 4121-2 du Code du travail), la mise à disposition et le port des gants de protection dans les situations de travail résultent d’une démarche de prévention des risques professionnels. Les risques auxquels les marins sont exposés sont identifiés et le résultat de leur évaluation est consigné dans le Document Unique du navire. Des mesures de prévention visant à supprimer ou à réduire les risques sont ensuite mises en œuvre. Les mesures de protection collective (ex. : rendre un outil ou une machine moins dangereux) doivent être prioritaires par rapport aux protections individuelles (ex. : se protéger avec des gants de protection).

Le marquage CE matérialise la conformité d’un produit aux exigences communautaires incombant au fabricant du produit.

Conformité de l’EPI

Conformément à la directive européenne 89/686/CEE du conseil du 21 décembre 1989, le marquage de conformité doit figurer sur le gant de protection. Il matérialise la conformité de l’EPI aux règles techniques et aux procédures de certification imposées par la réglementation.

Mise à disposition

L’employeur est tenu de fournir gratuitement à ses marins des gants de protection conformes à la réglementation (marquage et autres indications normalisées) et de les maintenir en état de conformité.

Information

L’employeur est tenu d’informer ses marins sur les risques contre lesquels les gants de protection les protègent. Il fournit également une information sur leurs conditions d’utilisation, de stockage et d’entretien.

Port, utilisation

L’employeur s’assure que ses marins portent effectivement leurs gants de protection dans les situations de travail à risque. Les marins sont, quant à eux, tenus d’observer les prescriptions concernant leur utilisation.

les gants de protection – Caractéristiques et performances

Selon son matériau constitutif, le gant permet de protéger la main contre des risques de nature très diverse : mécanique, chimique, thermique, etc. Par ailleurs, pour une protection donnée, le niveau de performance peut varier d’un gant à l’autre compte tenu de l’épaisseur du matériau ou de l’éventuelle association de plusieurs matériaux entre eux. Pour s’y retrouver facilement, des pictogrammes sont apposés directement sur les gants. Ils permettent d’identifier rapidement les risques pour lesquels les gants ont été conçus et de connaître leurs niveaux de performances vis-à-vis des risques en question.

Gants cuirs

Ils sont appréciés pour leur confort et leur efficacité contre la transpiration. On distingue, d’une part, le cuir pleine fleur qui offre dextérité, confort et précision et, d’autre part, la croûte de cuir qui est plus épaisse et offre une meilleure résistance à l’abrasion.

Gants de soudeurs

Pour les travaux spécifiques de soudure

Protège essentiellement contre le feu et la chaleur

Peut protéger aussi contre les risques mécaniques

Gants cuir standards

Pour les manutentions légères à lourdes en milieu gras ou humide (avitaillement, travaux lourds, manipulation de câbles et aussières).

Protège essentiellement contre les risques mécaniques

Peut protéger aussi contre les risques liés au feu et à la chaleur

Gants synthétiques

Ils sont très souples et offrent une très bonne dextérité et sensibilité. Sans support textile, ils sont entièrement constitués d’un matériau naturel (latex) ou synthétique : nitrile, néoprène, PVC, butyl, etc. Ils sont dédiés à la manipulation des produits chimiques : entretien du navire, du compartiment machine et des locaux de vie ; nettoyage de pièces mécaniques.

Protège essentiellement contre les risques chimiques

Peut protéger aussi contre les risques mécaniques et électriques

Gants textiles non-enduits

L’enveloppe du gant est constituée d’une fibre textile naturelle ou synthétique assemblée par tissage ou tricotage. Elle donne aux gants ses propriétés anti-déchirement, anti-coupure, anti-chaleur… ils sont dédiés aux travaux en milieu sec. Ils peuvent être utilisés en sous-gants pour les travaux en milieu humide : traitement des captures et manipulation des engins de pêche. On distingue : les fibres naturelles (coton, laine, soie) et les fibres synthétiques (polyamide, polyester, acrylique, para-aramide et polyéthylène).

Protège essentiellement contre les risques mécaniques

Peut protéger aussi contre la chaleur et le feu

Gants textiles enduits

L’enveloppe peut recevoir une enduction partielle ou totale qui apporte au gant une propriété complémentaire par rapport aux gants textiles non-enduits : étanchéité, résistance à l’abrasion, aux produits chimiques… on trouve notamment : le latex, le nitrile, le néoprène, le PVC, le polyuréthane, le butyl, etc.

Enduction partielle

Pour les travaux en milieu mi-humide ou gras

Protège essentiellement contre les risques mécaniques

Peut protéger aussi contre les risques liés au feu et à la chaleur

Enduction totale

Pour la manipulation de produits chimiques et travaux en milieu humide ou gras.

Protège essentiellement contre les risques chimiques et mécaniques

Peut protéger aussi contre les risques électriques

Comprendre la signification des pictogrammes

Les gants de protection doivent être marqués de façon bien visible (sur le dessus du gant la plupart du temps) pour informer l’utilisateur de la protection qu’ils offrent. Il s’agit de pictogrammes (souvent complétés de chiffres ou lettres) qui indiquent le type de protection et le niveau de performance de cette protection par rapport à un risque donné. Une bonne connaissance de la signification de ces pictogrammes permet de savoir si le gant de protection est adapté au travail que l’on fait et aux risques pour lesquels on doit se protéger.

EN 388 – Contre les risques mécaniques

Les chiffres et lettres indiquent le niveau de performance contre un risque donné : plus ils sont croissants, plus la protection est importante :

Gant de protection contre les risques mécaniques
Gant de protection contre les risques mécaniques
Gant de protection contre les risques mécaniques

EN 374-1 – Contre les produits chimiques dangereux et les micro-organismes

Cette norme spécifie les exigences relatives aux gants de protection servant à protéger l’utilisateur contre les produits chimiques dangereux.

Gant de protection chimique
Gant de protection chimique
Gant de protection chimique

EN 374-5 – Contre les micro-organismes

Il s’agit le plus souvent de gants de protection contre les produits chimiques dangereux qui offrent une protection complémentaire contre les bactéries, les champignons, voire les virus (si tel est le cas, une mention « VIRUS » est marquée sous le pictogramme de protection).

Gant de protection chimique et contre les micro-organismes
Gant de protection chimique et contre les micro-organismes
Gant de protection chimique et contre les micro-organismes

EN 407 – Contre le risque thermique

Les gants de protection thermique protègent les mains contre la chaleur et/ou les flammes sous l’une ou plusieurs des formes suivantes : feu, chaleur de contact, chaleur convective, chaleur radiante, petites projections de métal liquide ou grosses projections de métal en fusion. Les niveaux de performance des gant vis-à-vis des différentes formes de risques sont indiqués par des chiffres (de 0 à 4) :

Gant de protection thermique
Gant de protection thermique
Gant de protection thermique

EN 12 477 – Gants de protection pour soudeurs

Le plus souvent, il s’agit à la base de gants de protection contre la chaleur et le feu (norme EN 407) qui offrent une protection supplémentaire autorisant les travaux de soudure. Les gants de protection pour soudeurs protègent les mains et les poignets lors du procédé de soudage et des tâches associées. Ils protègent l’utilisateur contre les petites projections de métal fondu, l’exposition de courte durée à une flamme limitée, la chaleur convective, la chaleur de contact et le rayonnement UV émis par l’arc. Ils protègent également contre les agressions mécaniques. Les gants de protection pour soudeurs sont classés en deux types :

  • Type A : pour le soudage MIG-MAG, performance de protection élevée mais offrant une moins grande dextérité
  • Type B : pour le soudage nécessitant une grande dextérité comme le soudage TIG mais avec des performances de protection plus faibles.

Le type, A ou B, est marqué sur le gant, son emballage et son mode d’emploi

EN 511 – Contre le froid

Les chiffres et lettres indiquent le niveau de performance contre un risque donné :

Gant de protection contre le froid
Gant de protection contre le froid
Gant de protection contre le froid

EN 60 903 – Contre les risques électriques

Gants contre les chocs électriques lors de travaux sous tension ou au voisinage de parties actives. Leurs classes correspondent à des niveaux de tension d’utilisation.

Gant de protection électriquue
Gant de protection électriquue

Brochure et dépliant
LES GANTS DE PROTECTION POUR LES MARINS PROFESSIONNELS
– 1,4Mo – 12 pages – juin 2017

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VOIR ÉGALEMENT

  • Les accidents du travail à la main représentent entre 15% et 25% du total des accidents des marins professionnels. Les gants de protection sont une des solutions pour réduire le risque d’accidents aux mains. Explications de la réglementation en vigueur, des caractéristiques et performances des gants pour bien choisir.


  • Affiche de la campagne de prévention des conduites addictives à bord des navires PAS D’ÇA À BORD.


  • La brochure de la campagne de prévention des conduites addictives à bord des navires PAS D’ÇA À BORD.


  • Les équipements de protection individuelle (EPI) contre les chutes de hauteur sont complexes et variés. L’objectif de ce guide est de fournir aux marins et aux personnels d’armement, les informations techniques, pratiques, réglementaires et normatives pour les aider à choisir un équipement adapté.


  • Ce guide a pour objectif de faciliter la compréhension de l’environnement réglementaire et normatif encadrant les équipements de protection individuelle des pieds et d’orienter le professionnel dans le choix d’un équipement adapté à son travail.


  • Les balises de détresse sont des dispositifs qui permettent de localiser un navire ou un homme à la mer pour leur porter secours. En ce qui concerne les navires, il s'agit de balises EPIRB émettant un signal de fréquence 406 MHz et relayé par le...

  • Le bruit à bord des navires de pêche constitue une nuisance importante. Il peut être la cause de troubles cardio-vasculaires (hausse de la fréquence cardiaque et de la tension artérielle), nerveux (sommeil dégradé, stress, irritabilité), digestifs et respiratoires (hausse du rythme respiratoire). Mais surtout, l’exposition...

  • Démarche de prévention et informations relatives à la prévention du risque chimique.


  • PREFLORE 4/4 – Un homme à la mer n’est en sécurité qu’au moment où il est remonté à bord du navire. Des matériels de récupération adaptés au navire et efficaces doivent être mis en œuvre par un équipage formé et entraîné périodiquement à son utilisation.


  • PRELFORE 3/4 – La localisation d’un homme à la mer, même équipé d’un VFI, peut être difficile à partir du navire ou pour les secours. L’homme à la mer doit être équipé d’une balise individuelle et de dispositifs de signalisation pour faciliter son repérage et son ralliement.


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