PREFLORE – La prévention des chutes à la mer. étape 2/4 : Flotter

flotter

Malgré les mesures de prévention primaire mises en place, une chute à la mer peut survenir. L’homme à la mer doit être équipé d’un VFI adapté et en bon état pour assurer sa flottabilité et ainsi, lui permettre de gagner de précieuses minutes pour être secouru.

Navigation rapide

En application de l’arrêté du 19 mars 1993 fixant la liste des équipements de protection individuelle qui doivent faire l’objet des vérifications générales périodiques prévues à l’article R4323-99 du code du travail, les gilets de sauvetage gonflables sont soumis à vérification annuelle, effectuée par une personne “compétente”, appartenant ou non à l’entreprise. Les points de contrôle ne sont pas détaillés par la réglementation. Toutefois, l’expérience montre que la vérification doit porter sur : l’état de l’enveloppe externe, l’étanchéité de la chambre gonflable (elle doit obligatoirement être gonflée et laissée en attente pendant un moment pour contrôler qu’il n’y a pas de fuite), l’état de la cartouche de gaz (degré de corrosion, fuite de gaz ou percussion éventuelle, serrage sur le déclencheur) et l’état du dispositif de percussion (état de l’élément hydrosensible, serrage sur le poumon, date de péremption).

Constat statistique

Le VFI sauve des vies

Entre 2010 et 2015, tous secteurs maritimes confondus, 38 situations de « chute / homme à la mer » ont été recensées dans la base Événements de mer de l’IMP, et ont ont impliqué 50 marins. Pendant cette période, 23 décès consécutifs à une situation de « chute / homme à la mer » ont été enregistrés. Dans 17 cas, la victime ne portait pas de VFI. Les trois quarts des marins qui sont morts des suites d’un accident de type « chute / homme à la mer » ne portaient pas de VFI… Avec, beaucoup auraient pu être sauvés. Le VFI est un équipement de protection individuelle contre la noyade. En mer, son port sauve des vies.

Le VFI est encore mal connu des professionnels

Une enquête nationale auprès des professionnels de la mer a été menée par l’IMP afin d’évaluer d’une part leurs connaissances sur le thème du VFI et d’autre part de recueillir leurs retours d’expérience, leurs usages et leurs suggestions d’amélioration. L’analyse d’un échantillon de 255 questionnaires met en évidence les constats suivants :

  • Tous savent que le port du VFI est obligatoire.
  • Seulement 1 marin sur 5 considère encore le VFI comme gênant.
  • La quasi-totalité des professionnels affirme qu’il y a suffisamment de VFI à bord des navires sur lesquels ils travaillent (soit au moins un VFI par marin).
  • Les deux tiers des marins portent un VFI de niveau de performance 150, un quart des marins un VFI de niveau de performance 50, et 10% alternent entre les deux niveaux de performance en fonction des conditions météorologiques.
  • 1 marin sur 4 pense que le VFI de niveau de performance 50 n’est pas autorisé et 3 marins sur 4 pensent que seuls les gilets autogonflants sont autorisés.

Concernant les gilets auto-gonflants :

  • 1 marin sur 4 ignore si son VFI est en état de fonctionner.
  • 40% des personnes interrogées ignorent que les gilets autogonflants doivent être révisés annuellement par une personne compétente.
  • 1 marin sur 5 ne sait pas si son VFI est à jour de sa vérification annuelle.
  • En cas de percussion de leur VFI, 4 marins sur 5 ignorent si des kits de reconditionnement sont disponibles à bord
  • Aucun d’entre eux n’est capable de reconditionner le gilet.

Les résultats de ce questionnaire révèlent un déficit de connaissances des utilisateurs à trois niveaux :

  1. sur les exigences de la réglementation et de la normalisation/li>
  2. sur les conditions d’utilisation optimale
  3. sur l’entretien et la maintenance du matériel.

Contexte réglementaire

Aide à la flottabilité ou gilet de sauvetage, le vêtement de travail à flottabilité intégré (VFI) est un équipement de protection individuelle (EPI) contre le risque de noyade. Il est encadré au niveau international, européen et national. Obligatoire en France depuis le décret de 2007, le VFI est soumis aux règles relatives aux équipements individuels de flottabilité (les normes) d’une part, et aux équipements de protection individuelle (réglementation européenne et code du travail), d’autre part. Les manquements à cette obligation peuvent faire l’objet de sanctions administratives et parfois pénales. La jurisprudence montre aujourd’hui que la responsabilité de l’armateur et/ou du capitaine est souvent engagée notamment depuis l’application de la recherche pour faute inexcusable dans le secteur maritime.

Encadrement international

Au niveau international, c’est notamment la conception d’équipements individuels de flottabilité qui est réglementée au travers d’un corpus normatif établi par l’organisation internationale de normalisation (ISO) et de la convention SOLAS, émanant de l’Organisation Maritime Internationale (OMI). En effet, les recommandations sur la conception et l’application de ces équipements individuels de flottabilité sont fixées par la norme NF EN ISO 12402, applicable au niveau international, européen et national français. Elle distingue deux types d’équipements :

  • les gilets de sauvetage : ils doivent garantir une position de flottaison sur le dos avec la tête hors de l’eau et cela, quelles que soient les conditions physiques extérieures (les niveaux de performance sont 100, 150 et 275) ;
  • les aides à la flottabilité : ils nécessitent que l’utilisateur nage ou effectue d’autres mouvements pour se positionner avec la tête hors de l’eau (niveau de performance 50).

Le niveau de performance exprime la force de flottaison de ces équipements. Son unité de mesure est le newton. La norme se décline en dix volets dont cinq détaillent les exigences applicables aux différents niveaux de performance :

Normes applicables aux équipements individuels de flottabilité

Les normes fixent les niveaux de performance des équipements. Le choix de ces derniers devra se faire en fonction de l’évaluation des risques.

La Convention internationale pour la sauvegarde de la vie humaine en mer (SOLAS) de 1974 fixe des exigences concernant les brassières de sauvetage obligatoires dans la drome de sauvetage. Celles-ci peuvent dans certaines circonstances et en fonction de l’évaluation des risques être choisies comme EPI. Elles sont identifiées par un marquage spécial dont les caractéristiques sont précisées par une directive européenne (cf. infra).

La réglementation européenne

Au niveau européen, la réglementation fixe les règles relatives à la conception et  à la mise sur le marché communautaire des équipements de protection individuelle. Les EPI contre le risque de noyade sont encadrés par le nouveau Règlement européen 2016-425 qui se substitue à la directive EPI 89/686/CEE du 21 décembre 1989. Ce règlement, directement applicable au 21 avril 2018 dans tous les États membres comporte des règles plus strictes concernant les EPI commercialisés dans l’Union européenne. Il clarifie les obligations de tous les opérateurs économiques de la chaîne d’approvisionnement. Les EPI fabriqués après le 21 avril 2019 (période transitoire) devront être conformes à ce Règlement. Les différents EPI sont désormais classés suivant 3 catégories, fonction du risque contre lesquels ils protègent. Les EPI relatifs à la prévention de la noyade font partie des EPI de classe III destinés à protéger contre les risques graves ou irréversibles (mortels) et doivent notamment être certifiés “examen CE de type”. Parmi les exigences relatives à la conception des EPI destinés à prévenir le risque de noyade, on retrouve les spécifications suivantes :

Les EPI destinés à la prévention des noyades doivent pouvoir faire remonter aussi vite que possible à la surface, sans porter atteinte à sa santé, l’utilisateur éventuellement épuisé ou sans connaissance plongé dans un milieu liquide et le faire flotter dans une position lui permettant de respirer dans l’attente des secours. Les EPI peuvent présenter une flottabilité intrinsèque totale ou partielle ou encore obtenue par gonflage soit au moyen d’un gaz libéré automatiquement ou manuellement, soit à la bouche. Dans les conditions prévisibles d’emploi :

  • les EPI doivent pouvoir résister, sans préjudice à leur bon fonctionnement, aux effets de l’impact avec le milieu liquide ainsi qu’aux facteurs d’ambiance inhérents à ce milieu ;
  • les EPI gonflables doivent pouvoir se gonfler rapidement et complètement.

Lorsque des conditions prévisibles d’emploi particulières l’exigent, certains types d’EPI doivent satisfaire en outre à une ou à plusieurs des exigences complémentaires suivantes :

  • comporter l’ensemble des dispositifs de gonflage visés au deuxième alinéa et/ou un dispositif de signalisation lumineuse ou sonore ;
  • comporter un dispositif d’accrochage et de préhension du corps permettant d’extraire l’utilisateur du milieu liquide ;
  • être adaptés à un emploi prolongé pendant toute la durée de l’activité exposant l’utilisateur éventuellement habillé à un risque de chute ou nécessitant sa plongée dans le milieu liquide.

Concernant les exigences essentielles de santé et de sécurité dans la conception des EPI, il est rappelé notamment que les EPI doivent être conçus et fabriqués de façon telle que, dans les conditions prévisibles d’emploi auxquelles ils sont destinés, l’utilisateur puisse déployer normalement l’activité l’exposant à des risques, tout en disposant d’une protection d’un type approprié et d’un niveau aussi élevé que possible “.

Par ailleurs concernant le confort et l’efficacité, le Règlement rappelle que les EPI doivent être adaptés à la morphologie de l’utilisateur : “Les EPI doivent être conçus et fabriqués de manière à pouvoir être placés aussi aisément que possible sur l’utilisateur dans la position appropriée et s’y maintenir pendant la durée nécessaire prévisible du port, compte tenu des facteurs d’ambiance, des gestes à accomplir et des postures à prendre. Pour ce faire, les EPI doivent pouvoir s’adapter à la morphologie de l’utilisateur par tout moyen approprié, tel que des systèmes de réglage et de fixation adéquats ou une variété suffisante de tailles et de pointures“.

La mise sur le marché communautaire de ce type d’équipements est également réglementée. Ils doivent être marqués “CE”. Cette conformité aux exigences communautaires incombe au fabricant du produit. Il faut donc s’assurer qu’un marquage “CE” figure sur chaque VFI acheté. Pour les équipements marins respectant les normes de sécurité figurant dans le Convention SOLAS, il est prévu un marquage spécifique qui garantit que l’équipement est conforme et peut être mis sur le marché en vue d’être placé à bord d’un navire de l’UE.

logo CELes EPI contre le risque de noyade utilisés à bord des navires français doivent être marqués “CE”.


Lorsqu’ils correspondent à la norme SOLAS (exigences particulières), ils doivent être marqués “barre à roue”.

Code du Travail

Les obligations relatives aux équipements de protection individuelle résultent d’exigences réglementaires que l’on trouve essentiellement dans le Code du travail :

  • En matière de conception des EPI, le Code du travail reprend les règles édictées par la réglementation européenne.
  • Concernant la mise à disposition il précise que “l’employeur met à disposition des travailleurs, en tant que de besoin, les équipements de protection individuelle appropriés (…)” et indique que les EPI et les vêtements de travail sont fournis gratuitement par l’employeur qui assure leur bon fonctionnement et leur maintien dans un état hygiénique satisfaisant par les entretiens, réparations et remplacements nécessaires.
  • Le Code du travail rappelle l’importance du choix de l’EPI en fonction du travail effectué. Il est également rappelé que ce dernier est réservé à un usage personnel sauf disposition contraire.
  • En matière de vérification, l’arrêté du 19 mars 1993 qui fixe la liste des EPI qui doivent faire l’objet des vérifications générales périodiques précise que les gilets de sauvetage gonflables doivent avoir fait l’objet depuis moins de douze mois au moment de leur utilisation d’une vérification générale périodique. Par ailleurs, le résultat des vérifications périodiques doit être consigné dans un registre de sécurité.
  • Enfin, l’employeur doit informer ses salariés sur les conditions d’utilisation et de mise à disposition des EPI. Il doit élaborer une consigne d’utilisation et mettre en place une formation adéquate.

Le Code du travail est la référence en matière de conception, mise à disposition, utilisation, vérification et formation relatives aux équipements de protection individuelle, dont les VFI font partie.

Réglementation maritime

La réglementation maritime est constituée par le code des transports, d’une part, et par la réglementation sur la sécurité des navires au travers des divisions, d’autre part. Le principal texte en matière d’EPI est le décret n° 2007-1227 du 21 août 2007 relatif à la prévention des risques professionnels maritimes et au bien-être des gens de mer en mer et dans les ports. Il précise les règles relatives au VFI, EPI dont le port est obligatoire dans les circonstances suivantes :

  1. Lors des opérations de pêche ;
  2. En cas de travail de nuit, en l’absence de visibilité ou en cas de circonstances météorologiques défavorables ;
  3. Lors de trajets en annexes ou autres embarcations légères.

Il ajoute que “le port de cet équipement de protection individuelle est également obligatoire en toute circonstance le justifiant, dont le capitaine est le seul juge, compte tenu du niveau de formation de l’intéressé”. Le texte renvoie au Code du travail en ce qui concerne les exigences en matière d’EPI.

L’arrêté du 24 avril 2014 relatif à l’utilisation des EPI destinés à prévenir les risques de noyade vient apporter quelques compléments concernant, notamment, le choix des VFI et les conditions de vérification. Il indique notamment que le choix du VFI dépend du résultat de l’évaluation des risques professionnels. Il rappelle par ailleurs que “l’équipement de protection individuelle destiné à prévenir les risques de noyade devra répondre aux règles techniques et assurer, en tout état de cause, une flottabilité d’au moins 50 newtons”. Le texte dispose également que “les équipements de protection individuelle (EPI) doivent être adaptés aux conditions de travail à bord du navire ainsi qu’à la morphologie des gens de mer embarqués” et que “La mise à disposition, les conditions de nettoyage, de rangement, d’entretien et de maintenance des EPI relèvent de la responsabilité de l’employeur. Ce dernier doit s’assurer de leur conformité aux normes et veiller à ce qu’ils soient vérifiés périodiquement, conformément aux instructions du fabricant, par une personne qualifiée, appartenant ou non à l’entreprise “.

Enfin la réglementation sur la sécurité des navires (divisions 110 et 214) précise quelques règles en matière de protection individuelle. Toutefois, il faut bien distinguer les EPI des équipements individuels de sauvetage au sens de la division 331.

La réglementation maritime fixe l’obligation du port du VFI et indique qu’il doit être choisi en fonction des résultats de l’évaluation des risques.

Le VFI et la brassière de sauvetage (au sens du matériel de la drome de sauvetage) sont deux équipements différents. Le premier est destiné à être porté dans le cadre du travail, le second, en situation de détresse.

Sanctions administratives et pénales

L’armateur, le patron ou le capitaine ainsi que le marin sont susceptibles d’être poursuivis ou sanctionnés dans le cadre de manquement aux règles encadrant la santé et la sécurité des travailleurs notamment en ce qui concerne les équipements de protection individuelle en général et le VFI en particulier. Le fait de ne pas mettre à disposition des VFI à bord des navires ainsi que le fait de ne pas porter le VFI dans les situations prévues à l’article 9 du décret de 2007 sont condamnables. L’armateur, le patron et le marin sont, dans ce cadre, susceptibles d’être sanctionnés d’une contravention dont le montant est de 1500 €. Par ailleurs, dans le cas d’un décès suite à chute à la mer, la responsabilité de l’armateur et/ou du patron peut être engagée. La possibilité de rechercher la faute inexcusable dans le cas du décès d’un marin vient un peu plus renforcer la responsabilité de l’armateur ou du capitaine dans une telle situation, car l’employeur est susceptible d’être poursuivi pour manquement à ses obligations de sécurité. L’auteur de la faute inexcusable est responsable de l’indemnisation des victimes sur son patrimoine personnel. Il est donc essentiel aujourd’hui, pour l’employeur, de s’assurer contre ce risque.

Les manquements aux règles encadrant la santé et la sécurité des travailleurs peuvent être sanctionnés ou faire l’objet de poursuites pénales pour l’armateur et/ou le capitaine.

Les VFI ou Vêtements de travail à Flottabilité Intégrée sont les équipements de protection individuelle contre la noyade. Destinés à être portés pendant le travail, ils doivent être distingués des Équipements Individuels de Flottabilité (EIF) conçus et prévus pour d’autres usages : les brassières de sauvetage pour les situations d’abandon de navires, ou encore les gilets de sauvetage pour les pratiques sportives ou les loisirOn distingue les VFI à flottabilité fixe et les VFI à flottabilité additionnelle.

VFI à flottabilité fixe

Ils nécessitent que l’utilisateur nage ou effectue d’autres mouvements pour se positionner avec la tête hors de l’eau. Dans ce cas, ils sont qualifiés “d’aide à la flottabilité” et ne peuvent pas prétendre à un niveau de performance supérieur à 50. Aujourd’hui, ce sont exclusivement des VFI à flottabilité dite fixe. Ce sont des vêtements qui contiennent une mousse flottante dont le volume et la répartition assurent le maintien de l’utilisateur en surface en cas de chute à la mer. Aujourd’hui, tous les VFI à flottabilité fixe identifiés répondent aux prescriptions de la norme NF EN ISO 12402-5 qui détaille les exigences de sécurité applicables à l’ensemble des EIF de niveau de performance 50. Peu encombrants et généralement faciles à porter, ils sont aussi très efficaces. En effet, les essais réalisés par l’IMP montrent qu’ils peuvent maintenir à la surface une personne équipée d’un waders rempli d’eau. Leur principale limite est de nécessiter la participation active de l’utilisateur pour garder la tête hors de l’eau. Dans le cas d’une personne inconsciente, ils ne sont pas capables de la retourner sur le dos et de garantir le maintien de ses voies respiratoires hors de l’eau. Autre limite, ils sont le plus souvent assimilables à des vêtements chauds. Leur port est donc peu compatible avec des températures ambiantes clémentes ou avec une activité physique élevée.

VFI_flottabilité_fixe
Différents types de VFI à flottabilité fixe

Les VFI de niveau de performance 50 doivent obligatoirement comporter un matériau rétro-réfléchissant d’au moins 100 cm2. Certains équipements peuvent être munis d’autres accessoires, considérés comme facultatifs par la norme NF EN ISO 12402-5, mais qui ont néanmoins un intérêt indéniable en cas de chute à la mer :

  • une sangle sous-cutale : pour garantir le maintien du vêtement le long du corps, notamment les gilets ou boléros flottants,
  • une boucle de repêchage : pour faciliter la récupération manuelle d’une personne se trouvant dans l’eau,
  • un sifflet : pour aider au repérage de la personne en difficulté,
  • une lampe de détresse : comme pour le sifflet, pour aider au repérage de la personne en difficulté.

Utilisation

S'agissant des gilets ou boléros flottants, les essais réalisés par l’IMP montrent qu’il est impératif d’accrocher la sous-cutale pour assurer le maintien du VFI près du corps en cas de chute à la mer. À défaut, le gilet remonte sous les bras et, s’il n’est pas fermé, peut même quitter l’utilisateur.

Entretien

Globalement, les VFI à flottabilité fixe nécessitent peu d’entretien. Pour conserver la mousse en bon état, il est conseillé de les rincer à l’eau douce, notamment en cas d’exposition à des produits agressifs (hydrocarbure, acide). Hors utilisation, il convient de les stocker dans un endroit propre, sec, et à l’abri de la lumière du soleil.

Vérification

Pour ces VFI, il n’existe pas de contrôle obligatoire ou de durée de vie maximum. Cependant, lorsque la mousse est dégradée - par ex. en cas d’écrasement ou d’affaissement dans le bas du vêtement - ils doivent être remplacés.

VFI à flottabilité additionnelle

Ils garantissent une position de flottaison sur le dos de l’utilisateur, même s’il est inconscient et quelles que soient les conditions physiques extérieures. Ces derniers sont aussi qualifiés de “gilets de sauvetage” et peuvent atteindre les niveaux de performance 100, 150 ou 275. Aujourd’hui, ce sont tous des gilets autogonflants, c’est-à-dire des VFI à flottabilité additionnelle. Ils sont composés d’une chambre gonflable reliée à une cartouche de gaz par l’intermédiaire d’un dispositif de percussion. L’ensemble est replié et protégé par une enveloppe extérieure. En cas de chute à la mer, le percuteur perce la cartouche de gaz qui gonfle la chambre gonflable. Le volume gonflé se répartit sur le devant du buste, sur les côtés et l’arrière de la tête ce qui permet d’assurer le retournement de la victime sur le dos et le maintien de ses voies respiratoires hors de l’eau, même si elle est inconsciente. Les VFI à flottabilité additionnelle se distinguent par leurs niveaux de performance. Ces derniers sont définis par les normes NF EN ISO 12402-2 à 4 et portent principalement sur deux paramètres : la flottabilité minimale, exprimée en Newton (N), pour un utilisateur de 70 kg au moins et le temps de retournement, en secondes, d’une personne inconsciente.

VFI à flottabilité additionnelle

Niveau de performance 100

Les caractéristiques de ces VFI sont définies par la norme NF EN ISO 12402-4. Leur flottabilité minimale est de 100 N. Dans les conditions d’essais (piscine d’eau douce, sujets adultes en maillot de bain), ils doivent retourner la personne dans un délai de 10 s. Les tests conduits par l’IMP dans des conditions plus proches de la réalité (eau de mer, sujets adultes en tenue de travail) montrent que les performances de cette catégorie de VFI sont un peu trop faibles pour garantir le retournement d’une personne tombée à la mer et inconsciente.

Niveau de performance 150

Les caractéristiques de ces VFI sont définies par la norme NF EN ISO 12402-3. Leur flottabilité minimale est de 150 N. Dans les conditions d’essais, ils doivent retourner la personne dans un délai de 5 s. Tous les tests conduits par l’IMP montrent que cette catégorie de VFI assure le retournement d’une personne inconsciente dans un délai raisonnable… même si ce n’est peut-être pas toujours dans les 5 s obtenues avec un sujet en maillot de bain.

Niveau de performance 275

Les caractéristiques de ces VFI sont définies par la norme NF EN ISO 12402-2. Leur flottabilité minimale est de 275 N. Dans les conditions d’essais, comme les précédents, ils doivent retourner la personne dans un délai de 5 s.

VFI à flottabilité additionnelle SOLAS-MED

Ces VFI constituent une catégorie particulière. Contrairement aux précédents, leurs caractéristiques ne sont pas définies par une norme. Dans leur cas, la conception et le lieu de fabrication du produit sont encadrés par deux textes : les dispositions techniques de la Convention internationale pour la sauvegarde de la vie humaine en mer (SOLAS) et la directive européenne 2014/90/UE relative aux équipements marins (MED pour Marine Equipment Directive). La conformité d’un VFI à flottabilité additionnelle aux exigences de ces deux textes autorise un fabricant à apposer le logo “barre à roue” sur son produit. Conformément aux objectifs initiaux de la convention SOLAS, ces équipements sont plutôt prévus pour les situations d’abandon et de survie et ne sont pas vraiment destinés à être portés en permanence. La réalité montre que, pour des raisons pratiques, ils sont aussi utilisés comme EPI contre le risque de noyade ; essentiellement en dehors de l’Union européenne où, pour les activités maritimes, la convention SOLAS est souvent une référence plus connue que les normes ISO. Par rapport aux VFI à flottabilité additionnelle conformes aux normes ISO 12402-2 à 4, les VFI SOLAS-MED sont soumis à deux principales obligations supplémentaires : un système de flottabilité à double chambre, de sorte qu’en cas d’endommagement mécanique de l’une des deux, l’autre continue à assurer le niveau de flottabilité requis et  un double système de percussion automatique, un pour chaque chambre gonflable, de façon à pallier l’éventuelle défaillance de l’un des deux. De ces obligations supplémentaires résultent des produits plus lourds et plus encombrants… généralement moins compatibles avec le travail et/ou un port de longue durée que les autres VFI à flottabilité additionnelle.

Éléments constitutifs

Enveloppe extérieure

Les enveloppes extérieures peuvent être en textile. En milieu professionnel, elles sont le plus souvent couvertes d’une enduction en plastique qui augmente leur résistance et facilite leur nettoyage. Outre leur matériau constitutif, les enveloppes extérieures se distinguent principalement par leur dispositif de fermeture, autour de la chambre gonflable repliée, qui doit être capable de s’ouvrir sans difficulté en cas de gonflage du VFI. Par ailleurs, elles peuvent intégrer divers éléments optionnels.

Harnais et boucle de fermeture

Les boucles de fermeture sont en plastique (plus facile à mettre en oeuvre) ou en métal (parfois plus difficile à ouvrir ou fermer mais plus solide). Les harnais maintiennent le VFI sur le corps. Ils sont composés d’une sangle verticale dorsale et d’une ceinture horizontale abdominale. Celle-ci est réglable et se ferme grâce à la boucle de fermeture. Selon les cas, le harnais peut être conforme aux exigences de la norme NF EN ISO 12401 “Petits navires – Harnais de sécurité de pont et sauvegardes de harnais”. Ce type de harnais est équipé d’un point d’accrochage (un anneau en métal ou textile) sur lequel une ligne de vie peut être capelée. L’objectif est de maintenir l’utilisateur connecté au navire en cas de chute à la mer. Ces équipements peuvent être intéressants pour prévenir le risque de chute à la mer dans certaines situations de travail à bord des navires. MAIS ATTENTION, ils ne doivent en aucun cas être utilisés comme équipement de protection individuelle contre les chutes de hauteur (harnais d’antichute…).

Chambre gonflable

Fabriquées dans un matériau étanche à l’air, les chambres gonflables sont toujours d’une couleur vive : jaune, orange ou rouge. En règle générale, les poumons sont indépendants de l’enveloppe extérieure. Dans de rares cas, ils sont intégrés, ce qui signifie que l’enveloppe extérieure constitue une des faces de la chambre gonflable. Gonflés, les poumons peuvent prendre plusieurs formes. Au départ, ils étaient le plus souvent symétriques, mais les fabricants ont progressivement travaillé sur des formes asymétriques, notamment pour optimiser les temps de retournement.

Embout buccal

Il permet le gonflage du VFI à la bouche et son dégonflement à la main. Il est équipé d’une valve anti retour maintenant l’air insufflé à l’intérieur des chambres. Il est d’abord fait pour compléter le gonflage du poumon en cas de fuite. Il constitue aussi un dispositif de secours en cas d’échec des percussions automatique et manuelle ; situation qui peut survenir à cause d’un manque d’entretien du VFI : cartouche dévissée, équipement déjà percuté et replié sans réarmement… Pour y faire face, il est impératif que le porteur d’un gilet autogonflant connaisse l’existence de l’embout buccal et sache ouvrir l’enveloppe extérieure pour y accéder. En appuyant le capuchon inversé à son extrémité, l’embout buccal permet également de réduire le gonflement, voire de dégonfler, le VFI. Ces opérations peuvent s’avérer nécessaires pour au moins deux raisons : éviter un sentiment d’oppression lié à la pression exercée par le VFI gonflé sur la cage thoracique de l’utilisateur ET réduire l’encombrement des poumons gonflés pour faciliter la remontée à bord, dans une échelle ou sur une plage arrière.

Dispositif de gonflage

Ils sont composés d’une cartouche de gaz et d’un percuteur. Ils sont fixés sur le poumon des équipements et assurent leur gonflage par libération du gaz comprimé contenu dans la cartouche.Parfois, le dispositif de gonflage est isolé du poumon par une enveloppe de protection. Cette dernière réduit les frottements et limite donc les risques de perforation prématurée de la chambre gonflable. Schématiquement, un percuteur comprend les éléments suivants :

  1. Cartouche de gaz : vissée sur le percuteur, elle contient du CO2. Son poids varie selon le niveau de performance du VFI : 24 g pour les niveaux de performance 100, 32 g pour les 150 et 60 g pour les 275
  2. Tirette : pour la percussion manuelle
  3. Poinçon métallique : pour percer la cartouche de gaz
  4. Élément hydrosoluble : se dissout au contact de l’eau
  5. Témoins de couleur : pour connaître l’état fonctionnel du dispositif de percussion : vissage correct (vert = oui/rouge = non) de la cartouche sur le percuteur (selon les modèles) ; percussion manuelle possible (vert = oui/rouge = non) ; percussion automatique possible (vert = oui/rouge = non)
  6. Chambre gonflable du VFI
Schéma d'un percuteur automatique
Percuteurs à élément hydrosoluble simple

Au contact de l’eau, l’élément hydrosoluble se dissoud et libère le ressort qui pousse le poinçon à travers l’opercule de la cartouche de gaz. Il existe actuellement trois fabricants de percuteurs basés sur ce mode de déclenchement automatique. Dans les trois cas, le dispositif de gonflage est fixé à l’extérieur de la chambre gonflable mais se présentent sous des formes différentes. Il est nécessaire de consulter attentivement leur notice d’utilisation pour en connaître les spécificités ; notamment la position et la signification des témoins de couleur.

Percuteurs à élément hydrosoluble protégé par une valve hydrostatique

Lorsque le déclencheur est immergé dans plus de 10 cm d’eau, la valve hydrostatique laisse passer l’eau qui va faire fondre l’élément hydrosoluble. L’intérêt de cette technologie est d’éviter les déclenchements intempestifs des gilets autogonflants. En effet, la soupape hydrostatique protège l’élément hydrosoluble contre une dégradation prématurée qui peut être due à de nombreux facteurs : exposition des VFI à des paquets de mer ou aux embruns, rinçage à grandes eaux, stockage dans un lieu humide… Il n’existe qu’un fabricant de ce type de percuteur. On note que ce percuteur ne possède qu’un seul témoin de couleur, pour le déclenchement automatique ou manuel du dispositif. Il ne donne aucune information concernant l’état de la cartouche : vissage, intégrité. Avec ce dispositif de gonflage, seul le percuteur est à l’extérieur du poumon. La cartouche de gaz est à l’intérieur et, par conséquent, invisible. Elle est vissée sur un embout en plastique qui est lui-même fixé sur l’arrière du percuteur.

Bande réfléchissante

Les poumons des VFI à flottabilité additionnelle doivent obligatoirement comporter des bandes réfléchissantes pour faciliter le repérage d’une personne tombée à la mer, notamment de nuit ou par mauvais temps. La surface de ce matériau rétroréfléchissant dépend du niveau de performance de l’EPI : 100 cm2 pour les VFI de niveau de performance 100, 300 cm2 pour les niveau de performance 150 et 400 cm2 pour les produits de niveau de performance 275.

Bandes réfléchissantes collées à la chambre gonflable du VFI

Sifflet

Il est obligatoire et est installé à l’intérieur de tous les VFI à flottabilité additionnelle, quel que soit leur niveau de performance. Comme les bandes réfléchissantes, il peut faciliter le repérage de la personne en difficulté.

Sifflet intégré au VFI

Boucle de repêchage

Bien qu’elle ne soit pas obligatoire pour tous les niveaux de performance, la boucle de repêchage peut être considérée comme un élément constitutif des gilets autogonflants. Le plus souvent fixée dans le bas d’une des “branches” de l’enveloppe extérieure, elle est destinée à faciliter la récupération manuelle d’une personne se trouvant dans l’eau. De couleur rouge ou noire, sa longueur peut changer en fonction du modèle.

Sangle sous-cutale

Cette sangle complète le harnais de maintien. Elle part de la sangle dorsale, passe entre les jambes et vient s’accrocher sur le devant, près de la boucle de fermeture. Elle améliore le maintien du VFI gonflé le long du corps, notamment lorsque le harnais est mal ajusté et a tendance à laisser l’équipement remonter sous le cou du porteur. Bien que pouvant avoir un rôle essentiel pour assurer le retournement et la flottaison, la sangle sous-cutale n’existe pas sur tous les modèles de gilet autogonflant.

Accessoires

Lume-on

C’est un dispositif plus récent, également destiné à faciliter le repérage nocturne d’un marin tombé à la mer. Il est composé d’une LED collée directement contre la chambre gonflable du VFI à flottabilité additionnelle. Au contact de l’eau, il se déclenche et éclaire tout le poumon gonflé qui devient un gros point lumineux.

Bâton luminescent

Il s’agit d’un simple tube en plastique, étanche aux extrémités et contenant deux composés chimiques distincts séparés par une capsule de verre de faible résistance. La rupture de cette capsule par torsion du tube plastique a pour effet de mélanger les deux produits qui produisent une lumière par réaction chimique, sans apport énergétique externe. Bon marché et peu encombrant, le bâton luminescent est un moyen de repérage nocturne performant. Là encore, en l’absence d’un emplacement dédié, il devra être attaché avec un bout à l’intérieur du gilet autogonflant.

Bâton luminescent activé

Fluorescéine

Il s’ait d’une substance chimique qui se présente sous forme de poudre rouge-orangée. Au contact de l’eau et excitée par la lumière du jour, elle engendre une importante traînée verte fluo. Cette substance est très intéressante pour faciliter le repérage diurne, principalement à partir d’un aéronef. Peu visible depuis la mer, elle a aussi l’inconvénient de se disperser rapidement par mer forte. Elle est contenue dans un petit sachet imperméable dont l’ouverture, par arrachage d’une languette, est manuelle. En l’absence quasi systématique de poche à l’intérieur des gilets autogonflants, ce sachet doit le plus souvent être attaché avec un bout.

Sachet de fluorescéine et sa languette d'ouverture

Lampe flash

Ces petites lampes se déclenchent automatiquement au contact de l’eau et peuvent être éteintes manuellement. Leur flash blanc porte à plus de 3000 m, avec une autonomie de 8 à 15 heures selon les modèles. Certaines lampes peuvent se clipper sur l’embout buccal. D’autres sont fournies avec une attache permettant de les fixer sur une bande textile prévue en avant du poumon gonflable.

Dispositif individuel de localisation

Ces dispositifs sont détaillés dans la partie « PREFLORE – Localiser et être repéré » de ce dossier. Pour un déclenchement automatique ou semi-automatique, c’est-à-dire un déclenchement asservi au gonflement du poumon, l’intégration de tous ces dispositifs dans un gilet autogonflant nécessite une adaptation, même minime, du VFI.

Masque contre les embruns

Cet équipement optionnel est défini comme une protection amenée ou placée devant les voies respiratoires de l’utilisateur afin de réduire ou d’éliminer les projections d’eau dues aux vagues ou aux embruns dans les voies respiratoires, favorisant ainsi la survie de l’utilisateur en eau agitée. Sur certains modèles, il est proposé de série. Sur d’autres, il peut être acheté à part et ajouté. En cas de chute à la mer, son déploiement et sa mise en place devant le visage sont manuels.

Contrôle avant utilisation

Contrairement à la vérification annuelle, le contrôle avant utilisation n’est pas obligatoire. Périodiquement, entre deux vérifications annuelles obligatoires, il a pour but de s’assurer du bon état de fonctionnement de son gilet autogonflant. Sa fréquence ne peut pas être définie a priori. Elle varie d’un navire à l’autre en fonction des conditions d’utilisation et des contraintes subies par les VFI :

  • sur un navire qui effectue des marées de 15 jours, avec des VFI nominatifs mais susceptibles d’être portés par les remplaçants, un contrôle avant utilisation doit être effectué à chaque début de marée,
  • sur un navire qui travaille à la journée, avec des VFI nominatifs toujours portés par les mêmes marins, un contrôle avant utilisation hebdomadaire, voire mensuel, paraît suffisant.

Le contenu du contrôle avant utilisation est très simple et doit pouvoir être réalisé rapidement. Il tient en trois étapes :

  1. contrôle que l’équipement est à jour de sa vérification annuelle obligatoire : selon les modèles, il existe plusieurs systèmes de marquage de la dernière ou de la prochaine date de vérification annuelle : une pastille de couleur fixée sur le harnais de maintien, souvent au niveau du col ; un tableau imprimé sur la chambre gonflable…
  2. contrôle de l’état de l’enveloppe extérieure :elle doit faire l’objet d’une inspection visuelle. Si elle est endommagée, la chambre gonflable en dessous doit impérativement être inspectée attentivement. Parfois, le défaut de l’enveloppe extérieure paraît anodin, mais cache en réalité une faiblesse dans le poumon. Après inspection, s’il subsiste un doute sur l’état de la chambre gonflable d’un VFI, ce dernier doit être mis de côté et remplacé par un équipement sûr.
  3. contrôle de l’état du dispositif de gonflage (percuteur et cartouche de gaz) : nécessite une bonne connaissance de l’équipement porté. Certains modèles de gilets autogonflants sont munis d’une fenêtre de visualisation qui permet de ne pas avoir à ouvrir l’enveloppe extérieure pour voir le dispositif de gonflage. Ces fenêtres en plastique tendent à disparaître. Aujourd’hui, l’enveloppe extérieure doit généralement être ouverte pour effectuer cette inspection. Les points de contrôle varient avec les modèles de percussion, il est donc nécessaire de se référer au mode d’emploi de l’équipement pour les définir précisément. En l’absence d’un indicateur de l’état de vissage de la cartouche de gaz sur le percuteur, il est conseiller de vérifier périodiquement son serrage et de la dévisser pour s’assurer qu’elle n’a pas déjà été percée.

Utilisation

Règle n°1 : porter le gilet autogonflant par-dessus sa tenue vestimentaire. Recouvrir le gilet autogonflant par un vêtement peut provoquer un risque de compression excessive de la cage thoracique en cas de gonflement et une diminution, voire une suppression, de l’accès à certains éléments constitutifs (embout buccal, sifflet) ou de la visibilité de certains accessoires (lampe flash).

Règle n°2 : régler le harnais de maintien ou attacher une sangle sous-cutale. L’IMP a réalisé de nombreux essais de gilets autogonflants. Ils démontrent qu’au moment du gonflement, les équipements mal ajustés à la morphologie de l’utilisateur (ou sans sous-cutale) remontent le long du corps, avec deux conséquences négatives potentielles. D’une part, les chambres gonflables viennent se placer au-dessus des épaules où elles ne peuvent plus assurer le retournement de la personne sur le dos. D’autre part, la boucle de fermeture vient buter contre le cou où elle gêne la respiration. Ainsi, le harnais d’un gilet autogonflant doit impérativement être ajusté à la corpulence du porteur. Grâce à sa boucle de réglage, la ceinture horizontale du harnais doit être serrée de manière à ne pouvoir passer qu’un poing entre son sternum et la boucle de fermeture de l’équipement. Dans tous les cas où ce serrage ne peut pas être garanti, le gilet autogonflant doit être porté avec une sangle sous-cutale attachée.

Vérification annuelle obligatoire

En application de l’arrêté du 19 mars 1993 fixant la liste des équipements de protection individuelle qui doivent faire l’objet des vérifications générales périodiques prévues à l’article R4323-99 du code du travail, les gilets de sauvetage gonflables sont soumis à vérification annuelle, effectuée par une personne “compétente”, appartenant ou non à l’entreprise. Les points de contrôle ne sont pas détaillés par la réglementation. Toutefois, l’expérience montre que la vérification doit porter sur : l’état de l’enveloppe externe, l’étanchéité de la chambre gonflable (elle doit obligatoirement être gonflée et laissée en attente pendant un moment pour contrôler qu’il n’y a pas de fuite), l’état de la cartouche de gaz (degré de corrosion, fuite de gaz ou percussion éventuelle, serrage sur le déclencheur) et l’état du dispositif de percussion (état de l’élément hydrosensible, serrage sur le poumon, date de péremption).

Si la vérification par un organisme extérieur n’est pas obligatoire, elle est néanmoins fortement recommandée pour plusieurs raisons :

  • la compétence des personnels : le contrôleur doit être titulaire d’un agrément délivré par le fabricant, c’est-à-dire un document qui atteste de son aptitude à vérifier les équipements de cette marque,
  • la disponibilité de tous les matériels nécessaires au contrôle et au reconditionnement : compresseur et manomètre pour gonfler la chambre gonflable, dynamomètre (peson) pour peser la cartouche de gaz, pièces de rechange et consommables, etc.
  • la remise d’un certificat de vérification.

Inventaires des fabricants et distributeurs

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  • PREFLORE 4/4 – Un homme à la mer n’est en sécurité qu’au moment où il est remonté à bord du navire. Des matériels de récupération adaptés au navire et efficaces doivent être mis en œuvre par un équipage formé et entraîné périodiquement à son utilisation.


  • PRELFORE 3/4 – La localisation d’un homme à la mer, même équipé d’un VFI, peut être difficile à partir du navire ou pour les secours. L’homme à la mer doit être équipé d’une balise individuelle et de dispositifs de signalisation pour faciliter son repérage et son ralliement.


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